Galerie de portraits

Hier nous avons passé un moment sur le marché de San José d’Isnos. C’est le jour le plus important de la semaine pour les habitants du coin : les paysans viennent vendre leurs produits et faire leurs achats, les jeunes gens font pétarader leurs motos, les collégiens profitent du week-end, les commerçants font leurs affaires, les bars sont pleins, la musique s’entend partout et, secrètement, ceux qui sont seuls viennent chercher l’âme soeur.

C’est un spectacle haut en couleurs, l’occasion révée pour faire des photos. Heureusement les gens d’ici adorent se faire photographier : il suffit de leur demander. Certains sont timides et n’osent pas trop mais en demandant 2 ou 3 fois on vient vite à bout de leurs réticences. Je n’essuie qu’un seul refus, celui d’un soldat, mais son collègue, le sergent Gonzalès accepte de bon coeur.

Voici donc une galerie de portraits pour vous permettre de mieux connaître ce peuple mélangé, heureux, optimiste et en même temps sérieux et attaché à ses traditions. En vous attardant un peu sur chacune de ces photos, peut-être pourrez vous percer le secret de leurs pensées …

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Le sergent Gonzales :

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Collégiennes (dur dur de photographier les garçons, ils font vroum vroum sur leurs motos) :

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Des commerçants :

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Viviana, 17 ans, accompagnée de sa maman, est très timide.

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Deux campesinos (paysans) pur jus : sur leur hanche pendouille une rdoutable machette de 1m de long.

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Non, tous les colombiens n’ont pas les yeux et les cheveux noirs.

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Mais la majorité est métissée.

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Je reprendrai sous peu le cours linéaire de ce récit en vous racontant notre séjour à San Agustin (province de Huila) (autre lien ici) avec ses déceptions (les ruines archéologiques) et ses temps forts (un mariage).

En attendant il pleut et nous partons pour Popayan, notre dernière escale andine avant la chaleur caraïbe.

Désert de Tatacoa

Diario de Huia

Nous quittons Salento ce matin pour la relativement grande ville de Pereira (500.000 hab.) où nous prendrons l’avion pour l’autre relativement grande ville de Neiva (300.000 hab) avec escale obligatoire à l’aéroport El Dorado de Bogotá.

Déjouant tous les pronostics, les avions sont plus ou moins à l’heure et c’est bien agréable.

J’essaye toujours de trouver un siège sur les issues de secours pour pouvoir loger mes longues jambes et c’est relativement facile dans la mesure où les vols intérieurs sont loin d’être pleins et où la demande pour ces sièges est relativement faible, les colombiens étant du genre petit et costaud.

Là où c’est plus compliqué c’est que toutes les annonces sont faites exclusivement en espagnol et où l’équipage est relativement strict sur le fait que les occupants de ces sièges comprennent bien la langue. Je dois donc développer des stratégies relativement sophistiquées pour masquer mes déficiences, stratégies qui vont du sourire étudié à la phrase complexe répétée longtemps à l’avance en passant par l’humour.

Jusqu’à maintenant ça a toujours fonctionné.

A l’aéroport de Neiva nous attendent notre guide, Pédro, et notre chauffeur, Ricaute (= Ricardo) qui doivent nous conduire dans l’après-midi au désert de Tatacoa. Voici la photo de Pédro :

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Ça m’inquiète un peu parce que ce qui nous frappe en arrivant à Neiva c’est l’élévation soudaine et innatendue de la température. Il est 16H30 et il fait environ 37-38°C, le plus haut de la journée ayant été de 42°C. Normal, on s’est rapproché de l’équateur et on est descendus à 400m d’altitude.

Mais quand il faut y aller, il faut y aller, alors on y va.

Nous arrivons au gros bourg de Villavieja, antichambre du désert, où nous nous arrêtons à un hôtel dans lequel nous aurons la possibilité de passer la nuit. Mais notre guide nous dit qu’en fait nous aurons le choix entre cet hotel et une posada située quant à elle en plein désert. Curieuse proposition dès lors que cet hôtel nous semble correct à défaut d’être luxueux et qu’il possède la clim. En notre for intérieur, nous sommes certains que c’est là que nous atterrirons.

Le désert de Tatacoa est situé à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Neiva. Techniquement parlant, ce n’est pas à proprement parler un désert dans la mesure où il y a de la végétation : un peu d’herbe misérable et rase, quelques arbustes rabougris du genre acacia et des cardones (cactus candélabres).

Il y a également des coins où rien ne pousse et on a alors affaire soit au desierto gris soit au desierto rojo en fonction de la couleur de la terre.

Le désert n’est pas inhabité puisque qu’il existe quelques fincas qui pratiquent un élevage très extensif de caprins et de vaches étiques. Nous passons même devant une minuscule école qui accueille 4 écoliers et dont l’unique instituteur dispose sur place d’un logement de fonction plus que basique qui doit bien faire 10 m².

Nous arrivons juste avant l’heure du coucher du soleil, la « golden hour » pour les photographes, où la lumière est chaude et rasante, ce qui me permet de m’en donner à coeur joie. C’est le moment de partir un peu en ballade dans notre « mini-Colorado » et ce, d’autant plus que la température est maintenant agréable. Voici quelques souvenits visuels ramenés de cette promenade :

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La nuit tombe, c’est le moment de repartir vers la posada qui a une chambre d’hôtes. Avant de diner, on nous fait visiter la chambre. C’est vraiment basique. Nous avons déjà eu l’occasion de dormir dans un 1* chilien, à Colchane dans le désert d’Atacama, à deux pas de la frontière bolivienne, et c’était franchement mieux que ce qu’on nous propose ce soir dans un autre désert, celui de Tatacoa.

La chambre est assez grande mais très fruste : sol en béton triste, murs en briques rapidement peintes, plafond en lattes directement vissées sur le tôle ondulée du toit, unique ampoule qui pendouille, lavabo avec robinet baladeur, douche constituée d’un simple tuyau raccordé au container plastique situé sur le toit et contenant de l’eau chauffée par le soleil.

Basique mais, je ne sais pas pourquoi, lassitude, envie d’autre chose, volonté de ne pas déplaire à nos hôtes, nous décidons de poser nos valises ici et de partager notre diner avec les gens qui sont là. Dans un coin de notre tête nous pensons à ce que nous avons lu sur les scorpions qui sont censés exister dans ce désert et s’insinuer dans les habitations pour se planquer dans les chaussures ou les vêtements des habitants. Ceci nous est confirmé par nos hôtes.

Le diner est simple mais très sympa : personne d’autre que nous ne parle anglais. On va donc bien rigoler et c’est bien ce qui se passe. Nous sommes une dizaine : nos hôtes, notre guide et notre chauffeur plus quelques gars venus boire une bière et l’ambiance est plus que détentue. Les colombiens sont un peuple vraiment joyeux. Ils s’amusent d’un rien, ont le rire facile et bon enfant partout où l’on se trouve. Que la vie serait plus facile si les français étaient comme ça !

C’est le moment d’aller se coucher : le lit est dur, il n’y a pas d’air et la chaleur est suffocante (je pense à la tôle ondulée) mais nous l’avons voulu. Alors dodo jusqu’à 5H30 du matin vu que nous avons rendez-vous à 6H pour une autre balade dans le désert, cette fois-ci à la lumière de l’aube.

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Sur le coup de 7H nous débarquons dans une ferme tenue par des membres éloignés de la famille de notre guide. Là vivent, depuis le décès de leurs parents, cinq frères et deux soeurs. Aucun n’est marié mais il y a là deux enfants et je crois comprendre que les frères ont aussi des enfants qui vivent avec leurs mères respectives dans les environs. Les moeurs semblent assez libres par ici.

La famille vit de l’élevage, essentiellement des caprins, et est propriétaires de milliers d’hectares de désert où vont paître les bêtes.

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Arrive Miguel. C’est l’ainé des frères et un grand gaillard « de ojos claros » (aux yeux clairs) et aux allures de cow-boy. Après les salutations d’usage, il nous propose du lait de chèvre. Nous acceptons.

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Aussitôt dit, aussitôt fait. Miguel attrape deux grands verres à bière, son lasso, avec son lasso une chèvre qu’il se met à traire énergiquement. Ça va très vite, 3 ou 4 jets de lait suffisent à remplir un verre. C’est chaud, c’est bon, absolument pas gras. Le verre descend tout seul.

Pendant qu’on y est, toutes les personnes présentes boivent à leur tour un verre de lait. Puis on va s’asseoir pour discuter le coup. Miguel est certes un goat-boy (pardonnez moi le néologisme !) mais il a d’autres cordes à son arc : il est également conteur, poête et musicien. Et il se met à déclamer ses poèmes : je ne comprends pas tout mais cela parle de son amour du désert, de son mode de vie et des satisfactions qu’il en retire.

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Mais toutes les bonnes choses ont une fin. C’est le moment de retourner à la posada, prendre notre petit-déjeuner, rassembler nos valises et repartir direction San Agustin, haut lieu de l’archélogie colombienne, où notre hôtel, contrairement à ce qui m’avait été indiqué, dispose depuis peu de temps du wifi, ce qui me permet de vous adresser ces quelques lignes.

Zona cafetera

Cronica del Quindio

Notre avion se pose à Armenia, chef-lieu de la province du Quindio, plus petite province du pays et qui porte le nom du petit fleuve qui la traverse. Ce qui nous frappe en sortant de l’appareil c’est la température. Il fait environ 25° C parce que notre altitude n’est plus que de 1200m et c’est bien agréable.

Andrès, le chauffeur qui doit nous conduire à notre hébergement est tous sourires et ne récrimine pas contre Avianca et son heure de retard. Cela semble être dans la nature des choses à tel point que la compagnie affiche systématiquement des durées de vol supérieures de 30mn à la durée réellement nécessaire de manière à ce que les retards ne se voient pas trop et à ce que les correspondances puissent être effectuées sans trop de difficulté.

La Colombie est en effet un grand pays par sa surface qui est environ le double de celle de la France. Dans la mesure où le réseau routier, bien qu’en perpétuelle amélioration, n’est vraiment pas à la hauteur à ce jour et qu’il n’existe pratiquement pas de réseau ferré, la plupart des déplacements un peu longs (plus de 250 km soit 6H de route) se font en avion et même des villes moyennes comme Arménia sont desservies.

Le réseau aérien domestique est en étoile c’est à dire que la grande majorité des lignes partent ou arrivent à Bogotá et il y a peu de déssertes transversales si ce n’est entre des grandes villes comme Medellin, Cali ou Barranquilla. Il est donc très important que les correspondances à l’aéroport de Bogotá (qui porte le doux nom d’El Dorado) se fassent sans trop de difficulté. D’ailleurs nous testerons cela des demain puisque nous devons aller de Pereira à Neiva en passant bien sûr par El Dorado.

La seconde chose qui nous frappe en arrivant à Arménia, c’est la végétation. Elle est ici abondante et tout est très vert autour de nous avec des essences très diverses : palmiers, bananiers, avocatiers, bambous et beaucoup d’autres que nous ne connaissons pas.

Enfin, nous avons une impression générale d’ordre et de propreté. Bien sûr ce n’est pas la Suisse, il s’en faut de beaucoup, mais c’est beaucoup plus net que ce que nous avons pu voir jusqu’à présent du pays.

Andrès nous conduit en 40 mn à la Finca Puerto Alegre qui va être notre « home sweet home » pendant 48H. Une finca est une exploitation agricole de taille moyenne la taille supérieure étant appelée Hacienda. Dans la région d’Arménia, de nombreuses fincas  ont été aménagées pour qu’à côté des activités agricoles puissent être accueillis des touristes.

C’est le cas de la finca Puerto Alegre qui poursuit sa vocation agricole sur une trentaine d’hectares mais qui dispose d’une dizaine de chambres pour accueillir des touristes, les propriétaires n’habitant pas sur place.

Nous sommes les seuls hôtes lors de notre séjour et c’est un peu dommage car comme nous n’avons pas un programme trop chargé, nous aurions bien voulu échanger avec d’autres voyageurs. Toutefois, les propriétaires ne parlant pas un mot d’anglais ont engagé  pour 48H un jeune étudiant, David, parlant très bien la langue de Shakespeare, pour servir « d’interface » et nous aider pendant notre séjour.

En fait David, qui a 23 ans et qui prépare un doctorat de philo, est un jeune extrêmement intelligent et ouvert. Il adore discuter et pendant des heures nous allons sinon refaire le monde du moins échanger sur le sens de la vie et nos expériences respectives. Bien sûr, privilège de l’âge, j’en ai plus que lui et cela le frustre que je calme ses ardeurs.

Bourré de contradictions et se cherchant visiblement, il est gauchiste et croyant, envisage d’entrer dans les ordres mais avait une petite amie « canon », est séduit par les thèses anarchistes mais se réfère sans arrêt au bouddhisme, n’aime pas les touristes mais nous aime bien, rage sans arrêt contre les pays du premier monde (les riches) et leur néo-colonialisme, est curieux de tout, vénère Che Guevara mais aimerait décrocher une bourse pour aller étudier en Allemagne. En un mot il me rappelle furieusement un type que j’ai bien connu il y a une quarantaine d’années : moi-même.

Et que ça fait du bien de discuter avec ce qu’on a été !

Mais il n’y a pas que David à la finca et nous avons quelques visites à faire.

Nous commençons par aller faire un tour au village de Pijao. C’est très rafraichissant, au sens propre parce que nous sommes montés un peu et avons perdu 3 ou 4°C, et au sens figuré parce que c’est un village paisible, plutôt joli et sans l’ombre d’un touriste à part nous. Nous déambulons dans les rues et sentons sur nous des regards curieux mais bienveillants. Les habitants les moins timides nous saluent d’un « buenos dias » auquel je réponds par la même formule en ajoutant, par civilité, un señor ou señora.

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D’un bar sur la place principale s’échappe une musique délicieuse, pas une cumbia ni une salsa mais une musique populaire avec guitares, charangos et accordéons avec un petit côté blues latin. J’adore.

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Nous continuons notre programme en aller visiter une exploitation de café, la cafètera San Alberto. Diégo est notre guide. Il commence par nous entraîner sur les pentes pour nous montrer les alignements de plants de café puis dans les ateliers pour nous détailler les différentes étapes du processus qui mènera à la commercialisation de grains de la plus haute qualité. Sans entrer dans les détails que vous pourrez trouver sur le site de la société, je suis très impressionné par la haute conscience écologique et la préoccupation constante de qualité qui prévalent à toutes les étapes du processus de fabrication.

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Une fois cette visite terminée, nous avons droit à une petite séance un peu plus « fun » puisque nous allons tester nos capacités olfactives et gustatives respectives dans un laboratoire dédié.

On commence par nous faire goûter en aveugle des verres où l’eau a été mélangée avec des solutions sucrée, salée, amère et acide. Là c’est plutôt facile et je m’en sors bien.

Puis on passe aux odeurs et il nous faut identifier celles dégagées par différents flacons parfumés avec des senteurs fruitées, herbales, terreuses, animales, épicées … Là, c’est la cata ! Je suis vraiment nul. Mais ce n’est pas grave parce que de toute façon on nous remet une sorte de diplôme ou plutôt de certificat que nous conserverons précieusement en vue de son encadrement et de sa fixation sur un mur bien en évidence dans notre maison 🙂

Voici celui de Gaby :

Diplôme café

Je ne résiste pas au plaisir de vous donner une traduction approximative de ce document  :

« Le Maître Dégustateur des cafés San Alberto certfie que Gabriela Choisne a participé avec succès à un baptème cafetier au cours duquel elle est parvenue à éveiller ses sens et, grâce aux connaissances acquises, est devenue une ambassadrice des cafés San Alberto. Dorénavant elle ne dégustera que des cafés de qualité supérieure et fera prévaloir son opinion pour que se développe la culture cafetière. »

Après la pause café nous allons déjeuner puis visiter le jardin botanique et un « mariposario » (espèce de zoo de papillons) situés non loin d’Arménia. La visite dure longtemps, trop à mon goût, et je ne vais pas m’attarder dessus ici si ce n’est insérer quelques photos que j’aime bien.

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Après être rentrés à la finca, y avoir diné, avoir discuté tard avec David, avoir dormi puis petit-déjeuné, avoir rediscuté avec David, nous reprenons notre route pour Salento, petite ville très migonne où nous allons passer deux nuits.

Salento est située à 3/4 H d’Arménia et à 2100m d’altitude soit sensiblement plus haut que la finca. Il y fait donc plus frais que dans la vallée et les nuages qui descendent de la cordillière centrale nous gratifieront deux jours de suite, à 15H précise, de violents orages.

Cette petite ville est très touristique et ce pour deux raisons très simples : tout d’abord elle est très, mais vraiment très mignonne et pleine de charme, et ensuite parce que c’est le point de départ pour des excursions dans la vallée de Cocora, dont vous n’avez bien sûr jamais entendu parler, mais sur laquelle je vais revenir.

La ville est mignonne car très bien entretenue, toutes les maisons étant régulièrement repeintes dans des couleurs soit vives soit pastel. Sans rentrer dans le détail voici quelques photos pour vous donner une idée.

On dirait un village de carte postale. En parlant de cartes postales, Gaby a l’habitude, lorsque nous voyageons, d’adresser des cartes postales des différents pays visités à ses parents, son frère et notre fille. Mais en Colombie il y a problème car la carte postale est rare, très rare même … et particulièrement moche.

En plus il ne semble pas y avoir de poste. C’est du moins ce que nous a affirmé notre guide en nous précisant que quand on voulait envoyer quelque chose à quelqu’un on passait par des sociétés privées genre UPS.

C’est tellement bizarre comme situation que j’ai fait une recherche sur internet et cela a confirmé ce qu’on m’avait dit : il n’y a quasiment plus de service postal en Colombie. Après les timbres à $4 par carte postale en Equateur, c’est le plus de timbre du tout ici. On y viendra peut-être un jour chez nous : depuis que je me suis inscrit à la liste Robinson pour ne plus recevoir de pub et que toutes mes factures font l’objet d’un prélèvement automatique, mon facteur ne m’apporte plus guère que les revues auxquelles je suis abonné et les paquets que j’ai commandés en ligne.

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Tiens, voici la banque :

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et la superette/hotel :

sans titre-141 Lui n’est pas repeint mais je le trouve mignon :
sans titre-132Mais venons en à la vallée de Cocora. Cette vallée située à une dizaine de kilomètres de Salento fait partie du Parque Nacional de los Nevados ce qui nous donnera l’occasion de payer un droit d’entrée de COP 3000 (soit €1,20) par personne.

On y accède de Salento le plus généralement en Jeep Willis. Les colombiens semblent avoir mis la main sur tous les stocks de ces jeeps, les avoir repeintes de couleurs vives pour pouvoir y transporter des touristes apparemment ravis de se cogner la tête et de se bouziller les lombaires.

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La vallée disais-je est située entre 2400 et 3000m d’altitude, comprend d’innombrables sentiers de randonnée et de trek et se trouve être quasiment le seul endroit où pousse l’arbre national de la Colombie, j’ai nommé le palmier à cire.

Il faut reconnaître que le bougre a de la gueule : environ 50m de haut parfois plus, tronc généralement vertical et nu portant au sommet une touffe de feuilles. C’est le seul palmier qui pousse à une si haute altitude et il s’accomode bien d’une pluviométrie plus qu’abondante (nous en ferons l’expérience).

En plus l’arbre est particulièrement photogénique, ce qui me plait bien, même s’il faut se livrer à quelques contorsions si on veut l’appréhender entièrement (amis photographes je vous recommande le Nikon D5300 qui, par la vertu de son écran orientable, permet de photographier le palmier à cire en entier sans se salir le dos)

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Photogénique même si la lumière est dég… et qu’on est dans le brouillard.

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Mais on n’est pas venu pour admirer les arbres, on est venu grimper. Et nous voilà imper enroulé autour de la ceinture, bouteille d’eau dans le sac ou la poche, épaisse couche de crème solaire parfaitement inutile sur le visage et les bras, à grimper, grimper.

L’oxygène se fait rare et par voie de conséquence, le souffle se fait court. Je souffre ! Mais voilà mes sauveurs : de vilains nuages commencent à fondre sur nous me fournissant un excellent prétexte pour rebrousser chemin fissa. En fait, à peine assis dans la jeep, le déluge s’abattra sur nous.

Cette grimpette, une fois ma douche prise et une pizza avalée (soit dit en passant elles sont excellentes ici, pas du tout à l’américaine comme je le craignais, et à 4€ sont une affaire), cette grimpette donc m’aura laissé le souvenir cuisant de vilaines crampes qui m’envahissent au moment où j’écris ces lignes.

Sur ce je m’arrête donc pour quelques jours, nos prochaines haltes (désert de Tatacoa, site archéologique de San Agustin) étant annoncées comme étant sans wifi. A bientôt donc.

PS : Pour mes amis ornithologues, en herbe ou confirmés, voici une cliché unique à télécharger sans modération : un pic-pare brise surpris en pleine action 🙂

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Zipaquirá – Villa de Leyva

Huella Villa de Leyva

Bye bye Bogotá. Edwin (encore un prénom de footballeur brésilien) vient nous chercher à 9H, direction le nord-est. Comme nous sommes près de l’équateur, le soleil se lève vers 6H et se couche vers 18H. De ce fait les gens se lèvent tôt, vont au travail tôt et rentrent tôt chez eux. 9H n’est donc pas l’heure de pointe.

Malgré cela, il y a beaucoup de monde sur la route et cela rappelle beaucoup la circulation en région parisienne. Subjectivement, j’ai l’impression qu’il existe en Colombie une importante classe moyenne motorisée, beaucoup plus qu’en Equateur en tous cas. Les axes sont donc larges et la circulation relativement « civilisée » bien que le doublement à droite soit généralisé ainsi que le franchissement des lignes jaunes. On s’y fait mais le conducteur doit avoir des réflexes bien aiguisés.

Contrairement à Medellin, Bogotá n’a pas de métro. Pour transporter les millions de banlieusards se rendant à leur travail, la alcaldia (municipalité) a développé un système de longs bus articulés en site propre : le Transmilenia. Sur tous les grands axes, des couloirs de bus ont été créés, séparés du reste de la chaussée par un muret en béton de manière à ce que les automobilistes ne soient pas tentés de les emprunter. Les stations de bus sont aménagées sur les terre-pleins centraux de ces axes. La densité des bus est vraiment très importante et, subjectivement, j’ai bien l’impression que le Transmilenia a un débit proche de celui du métro parisien.

Nous traversons d’interminables banlieues sans grand charme quand tout à coup il n’y a plus de Transmilenia et nous nous retrouvons sur la Autopista del Norte. Ce n’est pas une autoroute au sens où nous l’entendons chez nous mais plutôt une voie rapide sur laquelle le trafic est relativement léger.

Nous atteignons notre première halte, Zipaquirá, à une cinquantaine de kilomètres du centre de la capitale, après environ 1H de voiture. La ville a une centaine de milliers d’habitants et est plutôt mignonne. Mais ce qui nous fait nous arrêter là c’est sa fameuse Cathédrale de sel. En effet Zipaquirá est située au pied d’une montagne de sel existant depuis l’ère tertiaire.

L’exploitation du sel a commencé à l’époque précolombienne du fait des indiens chipchas qui peuplaient la région. Cette exploitation avait lieu à ciel ouvert. Progressivement, des galeries ont été creusées et, progrès technique et importance du gisement aidant, la mine de Zipaquirá et celle de Nemocón, sa voisine, sont devenues des éléments extrêmement importants de l’économie du pays.

Une première cathédrale souterraine fut construite par les ouvriers mineurs en 1954 avec une finalité purement religieuse. Mais elle dut fermler ses portes en 1992 à cause des risques d’éboulement. Une deuxième cathédrale fut donc construite dans les années 1990 .

sans titre-111C’est celle que nous visitons aujourd’hui et je dois admettre que bien que la foi ne soit pas un des traits principaux de ma personnalité, je suis impressionné par l’ampleur du monument réalisé puisque ce dernier est constitué par une reproduction du chemin de croix, suivi par une coupole pour se terminer par des nefs, le tout creusé à même le sel et décoré de sculptures en sel ou en marbre.

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Entre l’entrée du monument et son extrémité, la distance est d’environ 1km. Bien entendu le monument conserve aujourd’hui sa vocation religieuse, mais il consitue également un des hauts lieux du tourisme en Colombie.

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La visite terminée, nous reprenons avec Edwin notre route vers le nord-est et la petite ville de Villa de Leyva (prononcer Bija de Leïba, oui je sais c’est difficile mais on s’y fait). Nous sommes toujours sur l’autopista mais nous sommes maintenant dans la campagne  et au fur et à mesure que nous avançons, le paysage devient plus accidenté puisque nous commençons à escalader la « cordillera oriental », une des 3 chaines de montagnes orientées nord-sud  qui divisent le pays. Au-delà de cette cordillera s’étant la zone plus basse et plus plate de la pré-amazonie, déconseillée aux touristes du fait de la persistance, par endroits, de la guérilla.

Nous entrons dans la province de Boyaca, connue comme étant le berceau du pays puisque c’est près du petit pont sur la rivière Boyaca que Simon Bolivar livra en 1819 la bataille décisive contre les espagnols qui aboutit à la création de la Grande Colombie indépendante.

Mais la province de Boyaca est également celle des « Maetros de la papa », les rois de la pomme de terre ! Et c’est vrai que nous allons en manger beaucoup dans les jours à venir.

Après avoir roulé à la vitesse de l’escargot sur des routes escarpées, suivant des camions hyper polluants nous arrivons enfin à destination. Au revoir Edwin; à dans 48H.

Villa de Leyva est un gros bourg de 10.000 habitants et constitue un des hauts lieux du tourisme en Colombie. La raison en est simple : l’endroit a un charme incomparable allié à une extrême gentillesse de la population. Si vous ajoutez à cela un climat très doux, il n’est pas étonnant que la ville figure dans tous les circuits touristiques du pays. C’est justifié et si l’on sent que la ville vit en partie du tourisme, ce n’est jamais oppressant.

La ville a conservé une architecture coloniale très pure. les maisons sont blanches et agrementées de portes, de fenêtres et de balcons en bois peint de couleurs vives. Les rues  ne sont pas à proprement parler pavées mais recouvertes de gros galets ce qui fait qu’il est difficile d’y marcher et que les marchands d’amortisseurs doivent faire fortune.

Villa de Leyva - Plaza

Mais ce que tout le monde vient voir ici, c’est la place centrale, la plus grande de Colombie et si je ne m’abuse, de toute l’Amérique Latine. C’est vraiment très beau et plein de charme mais c’est une vraie torture pour le photographe qui ne parvient pas, loin de là et quelque soit l’endroit où il se trouve, à tout embrasser et qui se trouve réduit à essayer de faire un panorama qui aplatit tout, comme ci-dessus.

Dans la rue principale qui mène à la place, nous percevons un attroupement. Je comprends vite qu’il s’agit d’un cortège funèbre qui se dirige vers l’église située au fond de la place, côté sud. Nous le suivons de loin. Le défunt (ou la défunte) devait être une personne relativement importante ou connue car il y a pas mal de monde.

Nous déjeunons sur la place pendant que la foule assiste au service. La ville, tourisme oblige, a beaucoup de restaurants et il y en a pour tous les goûts mais à des tarifs très raisonnables pour nous européens.

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Voici une petite vidéo, un peu cucul, mais qui permet de se faire une idée de la ville :

Une maison typique de VdL :

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et une rue non moins typique :

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Même notre hôtel, avec ses chambres minuscules, a le même style :

Getsemani

Le lendemain, pas de flanerie dans les rues et ruelles, nous avons au programme la visite des différents sites du coin.

Nous commençons par visiter le monastère dominicain d’Ecce Homo. C’est une construction qui date de 1620 et un des plus beaux sites du pays. Le monastère est construit en pierres et en adobe. Les pierres proviennent de carrières locales et contiennent de nombreux fossiles et en particulier des ammonites. On les voit absolument partout en particulier dans les socles des statues.

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La beauté du site, le charme de sa cour intérieure et de sa chapelle au toit en bois  ne doivent pas nous faire oublier que la motivation première des dominicains qui l’édifièrent était la conversion des populations locales avec des méthodes que nous jugerions aujourd’hui bien peu chrétiennes.

Ecce Homo - Villa de Leyva

C’est ainsi que sous toute une aile du monastère, celle où se trouve la bibliothèque, existait un sous-sol où étaient emprisonnés les indigènes rétifs à la conversion.

Ecce Homo - Chapelle

Nous continuons notre journée par une visite de l’observatoire astronomique de Zaquencipa. Notre guide, Awad, fruit du mariage d’un libanais et d’une colombienne, nous explique qu’il s’agit là d’une sorte de Stonehenge latino-américain créé par les indiens muiscas qui peuplaient les lieux à l’époque pré-colombienne.

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L’alignement des pierres leur permettait de déterminer avec précision certains évènements comme par exemple le moment des solstices d’hiver et d’été. Il y a là également un nombre important de pierres de forme phallique, symbole de fertilité.

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Le circuit se termine par le site dit de « Pozos Azules » qui comprend trois petits lacs d’un bleu profond causé par l’importante concentration de minéraux contenus dans l’eau qui interdit toute vie aquatique. L’endroit est calme et il n’y a pas grand chose d’autre à y faire que se balader en prenant quelques photos car le paysage alentour est superbe.

sans titre-130 Rentrés en ville, nous repartons flaner un peu, que c’est agréable, avant de s’atteler au classement et l’édition de nos photos. Au moment où j’écris ces lignes nous en avons déjà pris plus de 2300 et dans le tas beaucoup de mauvaises que vous ne verrez jamais 🙂

Demain nous nous lèverons à 6H du matin pour retourner à Bogotá et y prendre un avion qui nous amènera à Arménia, 300km plus à l’ouest, au pied de la cordilière centrale et quelques centaines de mètres plus près du niveau de la mer, dans une région qui s’appelle la Zona Cafetera. A nous les petits noirs tout en saveur qui s’appellent ici des tintos !

Et pour terminer, un peu de musique, pas colombienne mais argentine, mais tellement belle que je ne résiste pas à) l’envie de la partager :

Bogotá

Bogotá est une ville tentaculaire. Avec plus de 10 millions d’habitants avec ses banlieues, elle s’étend sur 35 km du nord au sud et 18 km de l’est à l’ouest. Comme Quito, la ville est à 2700m d’altitude ce qui en fait une des villes les plus froides du pays. Les colombiens la surnomment donc « la nevera » (le frigo).

Nous avons rendez-vous avec Juliana qui sera notre guide pour la journée. Diplômée ingénieure, elle s’est découvert une passion pour le tourisme et a suivi une formation de guide. Elle parle bien anglais et est vraiment sympa. A 30 ans elle est mariée mais n’a pas d’enfant. Elle a déjà voyagé aux USA, au Canada et au Royaume-Uni ce qui est assez rare  pour une latino-américaine.

Juliana & Gaby

Notre première destination de la journée est le Cerro de Montserrate, colline ou montagne qui domine Bogota de 500m à l’est et à laquelle on accède par un funiculaire. De là haut, la vue sur la ville est impressionnante mais comme il pleut les photos que nous prenons, Gaby et moi, sont plates et grises. En voici une meilleure pour vous donner une idée.

View image | gettyimages.com

Il y a là haut une basilique dont l’intérieur est assez dépouillé, pas rococo pour deux sous, un restaurant soi-disant gastronomique que nous n’avons pas testé, et quantité de boutiques de souvenirs ou de restauration, cet endroit étant une destination favorite des Bogotanos le week-end et les jours fériés. Nous buvons un thé de coca histoire de mieux supporter les 3100m d’altitude.

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Redescendus, nous pouvons confirmer nos premières impressions sur la ville. En matière de développement, elle semble un peu plus moderne que Quito et ressemble par certains aspects à une ville espagnole. La population compte beaucoup plus de blancs que les autre villes d’Amérique Latine à l’exception de celles d’Argentine. Il y a beaucoup de métis, très peu d’indiens, et quelques noirs. Cependant, il y a plus de mendicité qu’à Quito.

Sur la photo, Gaby se fait refiler un sachet de Chizi, le dernier fromage à la mode, Bon, dans ce domaine nous n’avons vraimet rien à craindre des colombiens 🙂

Avant de déjeuner, nous allons visiter le Musée de l’Or. C’est un lieu extraordinaire qui regroupe la plus grande collection d’objets pré-colombiens en or et autres métaux ou matériaux  de toute l’Amérique Latine. Il est stupéfiant de voir à quel niveau de compétence technique et de développement ces peuples étaient parvenus.

Il est à noter que les Incas ne sont jamais parvenus en Colombie, s’étant arrêtés en Equateur dans leur progression vers le nord lors de l’arrivée des Espagnols.

Ces quelques photos ne donnent qu’une vision imparfaite et partiale des merveilles dont regorge ce musée

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sans titre-98Arrive l’heure de déjeuner. Juliana nous conduit dans un petit restaurant où l’on sert une cuisine typiquement colombienne. Gaby et moi partageons une bandeja paesa qui consiste en haricots rouges, riz, viande hachée, chorizo, avocat, dos de porc rôti, oeuf et salade, le tout rarosé d’un jus de fruit maison.

C’est extrêmement copieux et un plat qui coûte 7€ suffit pour deux. D’une façon générale, en Amérique Latine, les portions sont toujours généreuses et le concept entrée/plat/dessert ne se rencontre que rarement, un plat suffisant généralement à calmer les appétits les plus voraces.

Bandeja paesa Nous continuons notre ballade et parvenons Place Bolivar, le centre de la ville. Il y a là regroupés la cathédrale, le Palais de Justice, et le Parlement, le Palais Présidentiel étant juste derrière ce dernier. Malgré la présence de la police et de la Garde Présidentielle, l’atmosphère est détendue.

On peut voir que le Président est là à la présence d’une ambulance dans la cour du palais. Où qu’il soit, le Président est toujours accompagné d’une ambulance pour le cas où.

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Après le centre névralgique de la ville, nous allons faire un tout au musée Botero. Fernando Botero, le plus connu des artistes colombiens a fait don à l’état colombien d’un certain nombre de ses oeuvres et de celles de sa collection personnelle.

L’homme a très bon goût : collection personnelle comprend (je cite de tête et j’en oublie) des Picasso, un Miro, un Monet, un Pissaro, deux Sonia Delaunay, un Chirico, un Chagall, un Klimt, bref que du beau monde le tout exposé dans une demeure tout en charme colonial.

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Pour vous donner une idée, voici une photo du Miro que j’aime bien. Il me rappelle les Shadoks.

Miro

Et voici la Joconde vue par Botero. Un peu transgressif n’est-ce-pas ?

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Et pour terminer notre ballade dans Bogotá, nous parcourons les rues de Candélaria, le quartier branché (j’allais dire branchouille), artiste, bohème de la ville. Il y a là beaucoup de maisons de style colonial abritant des cafés, des restaurants et toutes ortes de petites boutiques (lien youtube):

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et même notre hôtel :

Casa Deco

Bon, mon téléphone m’indique que j’ai assez marché aujourd’hui et il est donc temps de s’arrêter et boire un bon petit café.

Distance

Mañana es un otro dia ! Nous partons pour la campagne, Villa de Leyva plus précisément, alors à bientôt.